Gérard Bessière :Ceux qui pardonnent sont les guérisseurs de l’humanité.

Teddy Tanier/ septembre 20, 2017

Gérard Bessière

Image crédit : Pixabay

Gérard Bessière, prêtre et écrivain quercynois

Ceux qui pardonnent sont les guérisseurs de l’humanité.

Plutôt que de ressasser l’offense ou le dommage, plutôt que de rêver de revanche ou de vengeance, ils arrêtent le mal à eux-même… PARDONNER, c’est l’acte le plus puissant qu’il soit donné aux hommes d’accomplir.

[Gérard Bessiére]

Partage d’une vie de recherche, d’écoute et d’amour.

Gérard Bessière est né en 1928 à Luzech. De ses origines terriennes, il en gardera la simplicité et le bon sens. Ses études se déroulent aux séminaires de Gourdon, de Cahors et à l’Institut catholique de Paris. À la Sorbonne, il obtient une licence de philosophie.Le jeune prêtre de 23 ans restera dans le Lot jusqu’à sa 35e année, âge auquel « le hasard le fait monter à Paris pour plus longtemps », dans un seul but : assumer ses nouvelles responsabilités d’aumônier national des Équipes enseignantes. « Je devenais alors, le curé des instituteurs » avoue-t-il humblement. L’auteur de « La ferveur du jour » y restera une trentaine d’années (il sera aussi, journaliste à l’hebdomadaire La Vie) jusqu’à 1988, date à laquelle, après un problème de santé, il souhaite retrouver ses racines lotoises, aimant plus que tout ce « Quercy à l’enluminure vive », toujours ému en ces lieux par « la simplicité ardente d’une courbe de paysage ou les tons de la pierre qui chantent ».En 1970, son premier ouvrage « L’Incognito de Dieu » fait connaître ce prêtre du Quercy à des milliers de lecteurs. Ainsi suivront quelques autres 40 titres dont « Jésus le dieu inattendu » traduit en 14 langues. Le dernier « L’arborescence infinie », paru en novembre 2012, nous transmet la démarche libre d’un Jésus plus que jamais d’actualité. C’est à « La Grave », sur le coteau de son village natal, que le « toujours étudiant » continue à être fasciné par « la petite fontaine qui se met à couler » ou par « les lumières de l’Esprit » engrangées suite à une rencontre… Car les rencontres du fond du jardin sont encore nombreuses pour l’ancien prédicateur des messes radiodiffusées de France Culture.Ce vagabond de Dieu se montre toujours disponible pour ceux qui l’interrogent et se sent solidaire de ceux qui connaissent la difficulté ou qui sont dans la peine. Sur cette colline qu’il aime, Gérard Bessière nous accueille dans un petit bureau envahi, comme il se doit, par les livres : son refuge… Un havre de paix pour cet « être aimant qui, avec tendresse et une étonnante fraîcheur, s’émerveille du spectacle de la vie » comme le souligne, l’écrivain Charles Juliet.

Quand on arrive ici, on ressent le silence nous envahir…

À la Grave, le silence est une réalité. Je l’apprécie et je constate que tous les visiteurs, les accueillis dans cette maison ressentent cette paix et en sont pénétrés.

C’est quoi pour vous, le silence ?

Le silence n’a pas cessé de monter en moi depuis ma fin d’adolescence où j’étais attiré par la vie des moines ou celle des bergers de montagne.Aujourd’hui, le silence s’épanouit en moi : il est messager de l’ultime. Il est celui de la terre féconde, des ramures avides, des espaces sans limites. Je l’écoute sourdre de l’infiniment petit et de l’infiniment grand. Il est aussi – symbole, présage ou présence – celui qui envahit la salle des concerts lorsque le chef d’orchestre, sans un mot, élève sa baguette légère.

Vous êtes au milieu de cette nature que vous aimez. Vous êtes entouré d’arbres « mes voisins, mes vieux compagnons… j’appuie sur eux mon âme » écrivez-vous. Vous êtes disciple de François d’Assise.

Je suis de plus en plus sensible à ce prodige qui conduit une graine infime à devenir un grand arbre. J’ai aussi de plus en plus d’émotion en regardant une fleurette qui se cache entre des pierres tout simplement. Si la lutte pour la vie est aveugle et brutale, pourquoi tant de beauté éphémère, gratuite, comme distraite d’elle-même ? Donner vie donne joie.

À Luzech vous trouvez la sérénité. C’est pour vous, un lieu de réflexion.

Je suis né dans ce pays où la ronde de successions des saisons rythme mon être en ses profondeurs. À Luzech, les quatre saisons enchantent mon existence.Les matins de printemps, tout le jardin se réveille : pâquerettes, boutons d’or, véroniques se tournent vers la lumière tiède. Les violettes se cachent dans l’herbe. Plus loin les arbrisseaux, les feuilles mortes… Au-delà, les vignes, les pentes des collines, les sentiers oubliés. Tout m’est reflet de mon jardin intérieur : plages de clarté, foules de fleurs mais aussi zones d’ombres, végétation folle et feuilles mortes. Tout m’est présent en l’automne de ma vie.

Quels sont les atouts mystérieux de cette terre quercynoise ?

Ici, chaque saison a ses couleurs, ses senteurs, ses températures oscillantes, son charme changeant et mystérieux. La beauté est toujours unique. Quand les fleurs des pommiers émeuvent le verger, quand l’odeur chaude du blé mur vient à mes narines, quand les vignes de l’automne se muent en enluminures, je reste silencieux, comblé, assailli par l’ineffable.En regardant ces paysages, j’en suis intérieurement habité.

Comment avez-vous pu vivre à Paris pendant 30 ans ?

La nature me manquait bien sûr mais j’ai surtout vécu d’amitié à Paris. Mon entourage était essentiellement humain. Ayant très peu de relations avec les prêtres de la Capitale, je rencontrai des instituteurs, des responsables ecclésiastiques, des journalistes, des gens que le hasard de l’existence mettait sur ma route. Mais je revenais à Luzech chaque semaine…

Pour loin du monde, essayer de trouver réponse à quelque interrogation. Quel est l’acte le plus puissant que l’homme pécheur puisse accomplir ?

Le pardon. Ceux qui pardonnent sont des êtres blessés. Mais plutôt que d’étendre la contagion du mal, ils en épuisent le venin. Plus étonnant encore, alors qu’ils pourraient garder le poing serré, les voilà qui ouvrent des mains généreuses.La souffrance et la rancune finissent par être submergées par la bonté. Cette transmutation souvent crucifiante, qui s’accomplit dans le secret, est l’acte le plus humain, le plus puissant qu’il soit donné aux hommes d’accomplir. Pareil événement sert à faire grandir l’amour.

Vous avez fêté vos 60 ans de sacerdoce. C’est l’âge où on a le droit de regarder dans le rétroviseur.

Mon chemin de vie m’a donné l’occasion de rencontrer beaucoup de personnes, en particulier du milieu laïque et de partager leur existence. Des amitiés s’en sont nouées. Depuis l’âge de vingt ans, j’ai cherché à mieux connaître Jésus et les origines chrétiennes. C’est un approfondissement qui continue encore pour moi. Il y a 40 ans j’ai fondé une revue « Jésus » qui avait pour objectif l’information de ce qu’on sait de Jésus, ce qu’il est devenu au cours des siècles et des manières dont on se réfère à Lui aujourd’hui.Toute ma vie a été consacrée à Dieu : je suis heureux de ce parcours accompli.

Source : /actu.fr

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