L’inconscient freudien, du moins à l’origine, c’est surtout ce que l’individu a refoulé

Laurence Baïdemir/ octobre 26, 2017

L'inconscient freudien

Image crédit : Pixabay

« L’inconscient freudien, du moins à l’origine, c’est surtout ce que l’individu a refoulé.

C’est donc du conscient rejeté, devenu inconscient par une sorte d’accident. Mieux encore, les refoulements essentiels étant ceux de l’enfance, cet inconscient est bien prêt de coïncider avec l’infantile : c’est, pourrait-on dire, l’enfant qui survit secrètement en nous […].

Freud a fort bien admis ensuite l’existence d’éléments inconscients qui ne procèdent pas du refoulement — qui sont inconscients par nature. Mais c’est bien l’inconscient refoulé qui est au centre de ses recherches, qui a pour lui une signification pratique ; car l’analyse a essentiellement à ses yeux pour fonction de défaire des refoulements, de réparer des accidents.

L’attention de Jung va au contraire se porter avec prédilection sur ces autres éléments qui seraient inconscients par nature, et ainsi la perspective s’élargit singulièrement. Il se plaît à dire que ce serait étriquer fort l’inconscient que de le réduire à des miettes tombées de la table du conscient. Il est plus conforme à ce que nous savons d’admettre que la conscience est une acquisition tardive, et qu’elle a lentement émergé d’un inconscient primordial.

Tandis que l’inconscient refoulé de Freud a un caractère strictement individuel, puisqu’il procède du vécu infantile de chacun, l’inconscient primordial apparaît d’emblée à Jung comme « collectif » dans ses grandes lignes — collectif se définissant essentiellement ici comme : identique chez les divers individus. […]

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La théorie de Freud rattache les troubles nerveux à certains chocs, à certains traumatismes, c’est-à-dire à des cicatrices affectives, dont les principales se situeraient dans l’enfance. Cependant, Freud lui-même, pour rendre compte de l’action à retardement de ces chocs (puisque la maladie éclate en général longtemps après, au cours de l’âge adulte), a fait appel à une autre notion, celle de régression. A la suite d’accidents ultérieurs, la « libido », l’énergie affective de l’être, reflue ; refluant, elle rencontre les traces des chocs anciens, qui constituent pour elle des lieux de stagnation privilégiés ; c’est ainsi que ces traces se trouvent ravivées (qu’une peur d’enfance ressuscite en phobie ou en angoisse), et que la névrose éclate.
Au schéma de cette thèse, Jung ne prétend rien changer d’essentiel, mais il place l’accent autrement. Il est clair que l’attention de Freud est retenue avant tout par le traumatisme ; Jung considère la régression, et se demande en outre quel est l’ accident dont elle procède. Il observe alors que cet accident est un conflit actuel. »

– C. Baudouin, L’œuvre de Jung et la psychologie complexe (1963)

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