Pour autant que nous le sachions, la plupart des créatures vivantes équipées pour éprouver des émotions pour les besoins de leur vie

Teddy Tanier/ octobre 26, 2017


Image crédit : Pixabay

« Pour autant que nous le sachions, la plupart des créatures vivantes équipées pour éprouver des émotions pour les besoins de leur vie n’ont pas plus d’équipement cérébral pour ressentir ces émotions que pour penser qu’elles ont d’abord ces émotions.

Elles détectent la présence de certains stimuli dans l’environnement et elles répondent par une émotion. Pour ce faire, elles n’ont besoin que d’un simple appareil perceptif – un filtre pour détecter le stimulus émotionnellement compétent et la capacité à s’émouvoir. […] Les créatures les plus simples n’ont pas les structures cérébrales nécessaires pour dépeindre sous la forme de cartes sensorielles les transformations qui apparaissent dans le corps lorsque des réactions émotionnelles se produisent et qui se traduisent par des sentiments. Elles ne disposent pas non plus du cerveau nécessaire pour représenter les stimulations anticipées de ces transformations corporelles, ce qui constitue la base du désir ou de l’anxiété.

Il est évident que les réactions régulatrices discutées plus haut constituent un avantage pour l’organisme qui les manifeste et que les causes de ces réactions – les objets ou les situations qui les déclenchent – peuvent être jugées «bonnes» ou «mauvaises» selon leur impact sur la survie ou le bien-être. Mais il doit être évident aussi que la paramécie, la mouche ou l’écureuil ne connaissent pas le caractère bon ou mauvais de ces situations, non plus qu’il n’agissent pour le «bien» ou pour le «mal». Nous autres humains ne recherchons pas non plus le bien lorsque nous équilibrons notre pH à l’intérieur de notre corps ou lorsque nous réagissons avec bonheur ou peur à certains objets qui nous entourent.

[… Mais] nous autres humains sommes conscients de la relation qui existe entre certains objectifs et certaines émotions. Nous pouvons délibérément lutter pour contrôler nos émotions, du moins dans une certaine mesure. Nous pouvons décider quels objets et quelles situations nous autorisons dans notre environnement et à quels objets et à quelles situations nous consacrons du temps et de l’attention. Nous pouvons par exemple décider de ne pas regarder la télévision commerciale et nous faire les défenseurs de son bannissement à perpétuité hors du foyer des citoyens intelligents. En contrôlant les interactions avec les objets qui causent des émotions, nous exerçons effectivement un certain contrôle sur le processus de vie et menons notre organisme vers plus ou moins d’harmonie, comme Spinoza le souhaitait. Nous nous arrachons ainsi à la tyrannie automatique et aveugle de la machinerie émotionnelle. »

– Antonio R. Damasio, Spinoza avait raison – Joie et tristesse, le cerveau des émotions (2003)

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