On les appelle  » charnelles »

Laurence Baïdemir/ mars 3, 2017

On les appelle « charnelles » ces personnes qui donnent tout émotionnellement, âme, cœur, corps et esprit. Celles qui, une fois entrées dans ta vie te changent entièrement, celles qu’on écoute au-delà de la peau, jusqu’à l’intérieur de l’os, celles qui de la passion en font une raison, celles dont si tu tombais amoureux, eh bien, il faut d’abord en trouver ! Seulement après cela, tu me comprendras. »

Fernando Pessoa —(a través de los arco iris en el cielo la oscuridad)

Nous n’aimons jamais vraiment quelqu’un. Nous aimons uniquement l’idée que nous nous faisons de ce quelqu’un. Ce que nous aimons, c’est un concept forgé par nous — et en fin de compte, c’est nous-mêmes.

Fernando Pessoa – LE LIVRE DE L’INTRANQUILLITÉ.

De même que nous lavons notre corps, nous devrions laver notre destin, changer de vie comme nous changeons de linge.

Fernando Pessoa – LE LIVRE DE L’INTRANQUILLITÉ.

Bienheureux ceux qui ne confient leur vie à personne.

Fernando Pessoa – LE LIVRE DE L’INTRANQUILLITÉ.

Nous sommes qui nous ne sommes pas, la vie est brève et triste. Le bruit des vagues, la nuit, est celui de la nuit même; et combien l’ont entendu retentir au fond de leur âme, tel l’espoir qui se brise perpétuellement dans l’obscurité, avec un bruit sourd d’écume résonnant dans les profondeurs!

Combien de larmes pleurées par ceux qui obtenaient, combien de larmes perdues par ceux qui réussissaient ! Et tout cela, durant ma promenade au bord de la mer, est devenu pour moi le secret de la nuit et la confidence de l’abîme.

Que nous sommes nombreux à vivre, nombreux à nous leurrer! Quelles mers résonnent au fond de nous, dans cette nuit d’exister, sur ces plages que nous nous sentons être, et où déferle l’émotion en marées hautes !

Fernando Pessoa – LE LIVRE DE L’INTRANQUILLITÉ.

BIOGRAPHIE & INFORMATIONS
Nationalité : Portugal
Né(e) à : Lisbonne , le 13/06/1888
Mort(e) à : Lisbonne , le 30/11/1935
Biographie :

Fernando António Nogueira Pessoa est un écrivain et un poète portugais.

Son père est employé à la secrétairerie d’État et critique musical, il meurt en 1893 de la tuberculose. Sa mère se remarie avec le Consul du Portugal à Durban. Et Fernando Pessoa s’embarque avec sa famille pour l’Afrique du Sud, il commence à apprendre l’anglais. Il est l’un des meilleurs élèves de la Durban High School, puis fréquente l’université du Cap et commence à écrire en anglais. Il écrira des poèmes dans cette langue jusqu’en 1921.

Après son retour définitif d’Afrique du Sud en 1905, à l’âge de 17 ans, Pessoa n’a plus jamais voyagé. Il n’a pratiquement plus quitté Lisbonne.

Grâce à l’héritage de sa grand-mère, il ouvre en 1907 un atelier de typographie qui sera vite un désastre financier. L’année suivante, il entre au journal Comércio en tant que « correspondant étranger » et travaille comme traducteur indépendant pour différentes entreprises d’import-export, ce qui sera jusqu’à sa mort sa principale source de revenu.

En 1914, le poète de vingt-cinq ans, introverti, idéaliste, anxieux, voit surgir en lui son double antithétique, le maître « païen » Alberto Caeiro (« Le Gardeur de troupeaux »), suivi de deux disciples : Ricardo Reis, stoïcien épicurien, et Álvaro de Campos, qui se dit « sensationniste ». Un modeste gratte-papier, Bernardo Soares, dans une prose somptueuse, tient le journal de son « intranquillité », tandis que Fernando Pessoa lui-même, utilisant le portugais ou l’anglais, explore toutes sortes d’autres voies, de l’érotisme à l’ésotérisme, du lyrique critique au nationalisme mystique.

De son vivant il a régulièrement publié dans des revues littéraires portugaises et en a créé une, avec un autre poète, Mário de Sá-Carneiro, la célèbre Orpheu, il a publié aussi deux textes en anglais et, exception notable, un seul livre important : le recueil de poèmes « Message », en 1934, qui a remporté le prix Antero de Quental .

À sa mort, on découvrit 27 543 textes enfouis dans une malle que l’on a exhumés peu à peu. « Le Livre de l’intranquilllité » n’a été publié qu’en 1982 et son « Faust » en 1988. Tous ces manuscrits se trouvent désormais à la Bibliothèque nationale de Lisbonne.


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